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Les voix secrètes de Komitas

Instrument de musique par excellence, la voix humaine transmet les émotions par-delà les langues et les frontières. De tous temps, en tous lieux, les voix s’unissent naturellement pour décupler la force évocatrice de la musique. Il n’est donc pas étonnant que dans ses travaux musicaux, en quête incessante de l’âme arménienne, le Révérend Père Komitas ait brillé par sa direction de chorales.

Agé de douze ans, c’est déjà sa voix d’une beauté remarquable qui permettra à l’orphelin de Kütahya d’intégrer le Séminaire Kevorkian d’Etchmiadzin en 1881. Plus tard, non seulement les années de séminaire combleront ses lacunes linguistiques et musicales, mais avec sa passion et son talent particulier, Komitas fera largement fructifier ces enseignements avec moult découvertes et créations. Tout cela est connu, son art unique le conduira partout : il a fondé des chorales dans les pays alentours, jusque dans les principales capitales européennes de la culture, où il fût applaudi des plus grands noms d’alors, tel Debussy.

Aujourd’hui encore ses compositions nous surprennent, tant l’harmonie née de ses arrangements est aboutie et originale. On découvre ou exhume toujours des morceaux de tous types de son cru, souvent avec sidération car ils pourraient être de signature moderne ou d’avant-garde. Par-delà les frontières, le temps, et même un génocide, Komitas a marqué le monde de la musique avec une grâce qui tient de l’irréel.

Homme d’église, érudit (théologie, musicologie, philosophie sont ses sciences), interprète (chant, piano…), compositeur, enseignant et conférencier, Komitas s’est consacré à la musique dans toutes ces facettes. Malgré les lourdes pertes liées au génocide, sa production connue reste prolifique et bien étudiée : il a en effet été le premier ethnologue de la musique arménienne, liturgique mais aussi populaire.

Statue à l'effigie de Komitas - à Erevan, capitale d'Arménie

En allant au plus près de ses compatriotes, il a révélé ce que leur musique avait de propre, se cachant (parfois sur les toits) pour surprendre comment naissaient leurs chants. Il a découvert leur création spontanée, pure expression rustique, sublimée et enrichie par les talents des chanteurs interprètes de tous les jours. Il n’était venu à personne l’idée de consigner ces chants. Mais Komitas avait comprit que là, dans ces chants jaillis du ressenti quotidien des villageois, et dans la façon très particulière dont ils se constituaient, se trouvait l’âme arménienne. Il a ainsi matérialisé un héritage que la tradition orale n’aurait sans doute pas pu perpétuer seule. Lui-même a composé selon cette logique, proche de la nature qui l’a inspirée, rendant sa musique éternellement expressive, voire mystique parfois.

Outre ce travail déjà remarquable en soi, la vie de Komitas se nimbe aussi d’un profond mystère. Ce prodige musical qui se présentait avec la douce humilité de l’homme d’église, a parfois subi l’étroitesse d’esprit de certains ecclésiastiques, mais il ne s’est pas laissé détourner de sa tâche. Par miracle, l’orphelin des rues a connu la gloire, devenant de son vivant un monument indétrônable de la culture arménienne. En 2015 il est reconnu Saint par l’Eglise apostolique arménienne, et un musée à son nom est inauguré à Erevan.

Du tortueux chemin que semble avoir été sa vie intérieure, on sait pourtant moins de choses, ou on préfère l’oublier. Komitas est en effet entré dans la vie par une enfance miséreuse dans une province ottomane où il ne parlait que le turc, pour s’éteindre à l’hôpital psychiatrique de Villejuif (région parisienne), après s’y être morfondu près de 16 ans. Après tant d’échos laissés, cette fin silencieuse laisse songeur.

Alors on imagine chez lui une autre voix, intérieure et plus profonde. Une voix lui soufflant l’intuition lumineuse qui a guidé son œuvre, en quête d’un idéal qu’il a finalement atteint. Les recoins secrets de son âme, la fragile sensibilité par où il a sans doute sombré, ont aussi pu être ses alliées pour mieux cueillir ses œuvres intemporelles. D’autres compositeurs ont pris sa suite, bâtissant sur les fondations qu’il avait si solidement assises. Nombreux sont aussi les poètes, peintres innombrables et autres artistes qui ont fait de lui le sujet de leurs œuvres, reconnaissants de ce qu’il avait apporté. En effet où qu’il soit, il n’y a pas un Arménien qui consciemment ou non, ne connaisse un air de ce prêtre et l’associe à ses origines. C’est peut-être le plus précieux héritage : savoir ce que l’on est. 100 ans après un génocide qu’il a lui-même subi, son travail demeure fondamental pour la vitalité de l’identité arménienne. C’est ce qu’aujourd’hui encore nous lui devons, avec bonheur : pouvoir faire résonner ses œuvres venues de chez nous, et les savourer.

Jilda Hacikoglu

Article mis en ligne sur 100lives fin août 2015

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Contributions au site 100LIVES – Guérir le passé construit un présent meilleur

L’année 2015 a été l’occasion de grandes opérations de communications pour marquer le centenaire du Génocide arménien. Ce buzz est d’autant plus légitime que ce génocide nié depuis 100 ans, continue d’alimenter l’impunité de tous les responsables coupables de crime contre l’humanité.

Voilà pourquoi les initiatives comme celles de 100 lives sont si importantes : elles vont chercher au cœur du pire, les actes de bravoure qui ont initié des parcours hors du commun et donné de meilleurs espoirs au présent. 100 lives les mets en avant et les récompense même, pour pousser à cet avenir meilleur, et c’est heureux car nous en avons toujours autant besoin aujourd’hui.

Vous êtes donc chaleureusement invités à parcourir ce site, voire à partager votre histoire si vous êtes Arméniens. L’hommage n’en sera que plus vibrant https://100lives.com/fr/

A titre indicatif, voilà également ci-dessous les quelques contributions que j’ai été amenée à y faire avec grand plaisir.

Bonnes lectures !

PK

Sobering Patricia Kishishian, quand l’art contemporain résiste

Ce portrait de Patricia Kishishian revient sur son initiative déjà abordée en ces pages. La dame valait bien ce nouveau détour.

 

Extrait fantôme arménien Plus côté bulles, une recension de deux bandes-dessinées très particulières inspirées par le centenaire, qui décidément n’en finit pas de donner lieu à d’incroyables révélations…

https://100lives.com/fr/news/detail/7556/bd-doucesamres-varto-le-fantme-armnien

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Un petit détour par Venise, où l’Arménité et la Biennale rivalisent d’imagination dans la Sérénissime.

Immuable et mobile, l’Arménité à Venise

Enfin, un portrait de l’impressionnante Pinar Selek, à l’occasion de son témoignage courageux, émouvant et tellement éclairant paru cette année aussi « Parce qu’ils sont Arméniens ».

Pinar Selek, l’esprit et le cœur

PSDire qu’elle est une intellectuelle turque est un peu court pour parler de Pinar Selek.  Militante, sociologue, féministe, antimilitariste, écrivaine, en exil forcé depuis 2008, est certes un inventaire plus complet. Son parcours et ses publications attestent pourtant que le premier trait de cette femme qui fait bouger les lignes, n’est pas tant son intellect, que son cœur immense.

C’est ce que l’on voit dès les premières pages de « Parce qu’ils sont arméniens » (février 2015, éditions Liana Lévi). Avec ce témoignage simple mais crucial sur les tabous de la question arménienne en Turquie, Pinar Selek nous touche en remuant des réalités si bien enfouies qu’on les croyait digérées, mais non. Assurément, une reconnaissance précieuse. D’autant que témoigner est une responsabilité pour cette Juste, « témoigner avec les mots du cœur, en étant maître de sa parole ».

Si l’idée de ce livre est née alors que la sociologue travaillait sur la transformation de l’espace militant en Turquie, le sujet n’était pas nouveau pour cette militante en perpétuel questionnement. Issue d’une famille aisée, gauchiste et largement avertie contre la propagande d’Etat (son père avocat a été emprisonné 5 ans en 1980), elle n’a jamais été dupe du mensonge sur les Arméniens. Ce n’était pas un but en soi, mais elle ne s’est jamais privée de l’aborder publiquement, s’attirant la sympathie spontanée d’un Hrant Dink, venu la trouver parce qu’elle évoluait à contre-courant. Ensemble ils ont aussi tenté de déjouer leur propre conditionnement qui les enfermait dans un schéma toujours incomplet, et sans issue.

Au travers de son évolution personnelle, depuis l’enfance jusqu’à son exil aujourd’hui, en passant par l’adolescence rebelle, ou la détention avec torture quotidienne (elle a aussi été incarcérée 2 ans en 1998), Pinar Selek a vécu dans ce cercle vicieux, qu’elle dénonce sans ambiguïté. Désemparée, elle constate en effet une société où la propagande raciste est tellement banalisée que même les opposants les plus fermes la perpétuent naturellement, par indifférence ou dénigrement, tandis que les victimes l’intègrent comme un décor où il faut se rendre invisible, et partant, éternellement suspects. Le tournant pour elle sera de réaliser combien cette vision biaisée fonde l’autoritarisme actuel du pouvoir. L’origine de tous les maux en quelque sorte.

Mais comment rétablir la vérité et conquérir la liberté quand on est femme, gauchiste ou Arménien, dans cette Turquie ? Entre espoir de beaux lendemains et désespoir face à une réalité inquiétante, Pinar Selek cite Hannah Arendt, Gramsci ou Dink pour chercher les bonnes tactiques et avancer sur ce dur sillon, sans se faire taire… ou tuer. Consciente des risques, dans son exil elle s’active encore contre ces rapports de domination, dans ces travaux sociologiques, en militant, ou par ses autres publications[1] (1).

A force, aller vers l’autre et construire avec lui a été une démarche qui agrège. L’union qui fait la force, même si l’union est improbable : entre transexuels, laïcs, homo, Arméniens, Kurdes ou démocrates, rien n’était gagné, surtout dans ce pays ! Mais ce pas vers l’autre suscite aussi d’autant plus l’adhésion des opprimés, qu’ils n’ont pas d’autre voie. C’est la voie qu’avait initiée le journal arménien Agos, et le séisme social de l’après 19 janvier 2007, jour de l’assassinat de Dink, est aussi né de cela.

Le renouveau des mouvements d’opposition se poursuit donc ainsi, à pas plus ou moins discrets, et fini par gagner en visibilité. Au point qu’en février dernier sur une radio française, Pinar Selek estimait que cette transformation pouvait influer le champ politique aux prochaines élections. De fait les législatives turques du 7 juin dernier lui ont donné raison. Lucide, elle ne s’attend pas pour autant à un changement rapide, car face à une opposition plus efficace, le cadre nationaliste sait aussi s’adapter, pour continuer à s’insinuer plus subtilement. Une certitude pour elle malgré tout : dans ce combat qui ne se joue pas à armes égales, c’est ensemble qu’il faut agir.

« … dans ma Turquie ne vivent pas que des assassins. (…) Dans ma Turquie, les gens épris de liberté se tendent la main même s’ils ne portent pas les mêmes blessures. (…) La circulation des idées et des expériences provoque parfois des heurts, mais aussi de nouveaux processus de transformation. (…) Je lus Gramsci dans ces années-là et ne cessais de recopier cette phrase : ‘Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté.’ ».

(extraits choisis « Parce qu’ils sont arméniens »)

 


[1] (1) Bibliographie récente (non exhaustive) :

« Service militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante – devenir homme en rampant » recueil d’entretiens (2014, éditions Harmattan).

« La maison du Bosphore » roman évoquant les déboires d’une jeunesse subissant les suites du coup d’état militaire de 1980 (2013, éditions Liana Lévi).

 Jilda Hacikoglu

Mémoire et Insoumission

Patricia Kishishian est la directrice de la Galerie Sobering à Paris, qui inaugurera le 16 avril l’exposition « Je me souviens du Génocide Arménien… ». Une exposition autour d’œuvres d’art contemporain, à l’occasion du centenaire de ce Génocide.

L'équipe de la Galerie Sobering : Patricia Kishishian & Cécile Grémillet

L’équipe de la Galerie Sobering, Patricia Kishishian & Cécile Grémillet

A l’origine, comme un électrochoc à l’approche de 2015, l’impérieux besoin de marquer le centenaire du déni. « Peut-être un signe envoyé par mes grands-parents » hasarde Patricia Kishishian, moins à la légère qu’il n’y paraît. En toute humilité la directrice de la Galerie Sobering, dans le Marais à Paris, ne s’explique pas mieux son initiative, de son propre aveu « plutôt gonflée dans le milieu de l’art contemporain ».

Audace contemporaine

Il est en effet rare d’imposer aussi précisément un sujet. Quasiment une commande comme aux temps jadis, dans un genre artistique qui par définition se veut tout sauf conforme aux schémas anciens. De plus si son père est Arménien, Patricia Kishishian n’a pas reçu d’éducation particulièrement marquée par ses origines, ni fréquenté assidûment les Arméniens. Volontairement d’ailleurs, dit-elle en passant, car cela ne correspond pas à son tempérament universaliste. C’est pourtant bel et bien son histoire familiale qui l’a conduite à investir totalement sa galerie dans cette exposition centrée sur un titre initial fort : Je me souviens, et j’exige.
Il fallait l’oser, et c’est sans doute cette liberté de ton, très directe, qui a convaincu. Les plus grands noms de l’art contemporain ont en effet dit oui à celle qui les sollicitait en tant que professionnelle certes, mais aussi en tant que petite-fille de grands-parents rescapés du Génocide. L’une des créatrices, Triny Prada, s’inspirera même de l’histoire de la famille Kishishian pour créer sa pièce de l’exposition. D’autres choisiront dans leur œuvre existante, la pièce à consacrer à l’exposition ; autre signe de l’universalité du propos, sur un sujet qui « malheureusement ne concerne que nous aujourd’hui ».
Une démarche inhabituelle enfin, pour cette femme singulière qui n’aime pas se mettre en avant, encore moins pour son métier, et qui se dévoile ainsi plus qu’à l’accoutumée.

Panser et donner à penser

Si la parole est libératrice, les Arméniens n’y ont pas eu beaucoup droit. Et faute de création suffisante pour exorciser La Catastrophe, la cicatrisation post-Génocide n’a jamais été simple. C’est pourquoi en soi, toute réactualisation des visuels sur ce génocide muet, soulage et permet le travail de reconstruction miné par le négationnisme.

Au-delà du vide à combler, l’exposition Je me souviens du Génocide Arménien… vise aussi à déjouer le négationnisme persistant. Car par sa nature même l’art contemporain incite bien souvent le public à chercher au-delà de ce qu’il voit. Un collectionneur averti s’intéressera forcément à ce sujet traité par Lawrence Weiner (un des plus grands artistes conceptuels) pour comprendre sa pièce, et découvrira le Génocide sous l’angle particulier choisi par l’artiste. D’autant que tous les artistes sollicités apportent leur réflexion propre face à une situation dont ils connaissaient tous l’existence, mais ne soupçonnait pas l’ampleur.

Mounir Fatmi History is not mine édition 3/5 2013, France, 5 min, HD, colour, stereo.  Courtesy de l'artiste. Crédit photo mounir fatmi ©

Mounir Fatmi « History is not mine »
édition 3/5 / 2013, France, 5 min, HD, colour, stereo.
Courtesy de l’artiste. Crédit photo mounir fatmi ©

Or comme le note Patricia Kishishian « l’art contemporain se prête bien à la médiation ». L’explication vient souvent enrichir la compréhension de l’œuvre, voire parfois la permet. Un accompagnement qu’elle propose volontiers au visiteur dans sa galerie même, avec sa jeune collègue Cécile Grémillet. Le but est donc surtout de rendre témoin le monde autour des Arméniens : montrer ce que cela veut dire, nier 100 ans durant, que cela met à mal les libertés de tous, au-delà des ravages causés aux héritiers de cette aberration. En ce sens, et comme le souligne la galerie, outre un devoir pour les descendants, la mémoire est surtout un outil d’insoumission symbolisant la victoire de la liberté sous le joug de l’oppression. D’où l’envie de faire voyager l’exposition autant que possible pour « semer ces graines ».

L’exposition débutera donc en avril avec 15 artistes internationaux réputés, choisis par la Galerie Sobering. Mais d’ici la fin de l’année des 100 ans ils seront 100, et les œuvres auront voyagé (voir calendrier de l’expo ci-dessous), probablement jusqu’en Turquie même pour 2016. Un passage obligé, mais pas si évident, permis par la magie de l’art.

Esther Shalev-Gerz,  Mémorial du génocide arménien, 2015,  Poudre de pierre,  90 x 90 x 40 cm

Esther Shalev-Gerz, Mémorial du génocide arménien, 2015, Poudre de pierre, 90 x 90 x 40 cm

Spécificités de ceux qui se sont souvenus

Des artistes de stature internationale qui en majorité ne sont pas Arméniens : l’Américain Lawrence Weiner avec l’une de ses fameuses déclarations, aussi évocatrice que lacunaire sur le déni ; l’Israélienne Esther Shalev-Gerz avec son Mémorial du Génocide Arménien qui met en miroir bourreau et victime, pour inviter à essayer la place de l’autre et enfin se (re)connaître ; Jonathan Monk et son ready made regorgeant de symboles ; le Marocain Mounir Fatmi dénonçant en vidéo la brutale confiscation de l’histoire (History is not mine) ; Antoine Agoudjian (avec la photo couverture de son prochain livre Le cri du silence); Michèle Sylvander par son travail sur les archives ; Dejan Kaludjerovic filmant la prison de l’éducation quand y manque l’explication ; la Suisse Sophie Bouvier Ausländer ; Viet Bang Pham l’aquarelliste aux traits saisissants ; Lorenzo Puglisi, Triny Prada, ou Davide Bertocchi ; mais aussi Özlem Günyol & Mustafa Kunt, un couple d’artistes de Turquie, et Aikaterini Gegisian d’Arménie.

Aikaterini Gegisian Light III (‘A Little Bit too Much, A Little Bit too Late’ series), 2011 Collage sur papier 32 x 51 cm Courtesy Kalfayan Galleries, Athens - Thessaloniki

Aikaterini Gegisian « Light III  » (‘A Little Bit too Much, A Little Bit too Late’ series), 2011 ; Collage sur papier, 32 x 51 cm
Courtesy Kalfayan Galleries, Athens – Thessaloniki

L’exposition a aussi le soutien précieux de la USC Shoah Foundation & de l’Armenian Film Foundation, qui lui offrent l’exclusivité des vidéos numérisées de la trilogie documentaire The Witnesses Trilogy du Dr J. Michael Hagopian (témoignages de survivants de 1915).
Une diffusion plus large est aussi prévue à la Foire Internationale d’Art Contemporain de Paris en octobre 2015 : 100 artistes offriront chacun une œuvre en A4. Toutes seront vendues au prix de 200€, quelle que soit la notoriété des auteurs, au profit de l’association ARAM de Marseille, qui numérise le contenu des archives du génocide (documents des camps, naturalisations, passeport jansen, etc…).

Ou comment l’art véhicule l’histoire à plus d’un titre quand il aborde les 100 ans, rappelant que la mémoire est la première des insoumissions contre la tyrannie. Une autre forme de riposte aux négationnistes zélés du siècle écoulé.

Jilda Hacikoglu

Calendrier de l’expo
Du 16 avril au 5 mai 2015 à la Galerie Sobering, vernissage le 16 avril 2015 de 18h à 21h
Fin mai 2015, Mairie du 3ème arrondissement de Paris, événement spécial pour présenter les œuvres dans le cadre de la commémoration des 100 ans (date à confirmer)
De mi-septembre à mi-novembre au Centre d’Art Contemporain La Traverse à Alfortville
Début 2016 au DEPO, centre d’art à Istanbul
Courant 2016 à la Fondation Bullukian à Lyon

Renseignements

Galerie Sobering 87 rue de Turenne 75003 Paris / 09 66 82 04 43 / www.soberinggalerie.com

Article à paraître dans le prochain numéro du magazine France-Arménie (mars 2015)